Vous avez retenu l’idée d’une direction marketing à temps partagé, mais un chiffre vous manque : combien de jours par mois faut-il prévoir avec le directeur externalisé ? Beaucoup de dirigeants espèrent une fréquence toute faite, un barème du métier. Réponse courte : il n’existe pas de fréquence universelle. Le volume de présence se dimensionne à partir du périmètre de votre mandat — volume de décisions à arbitrer, nombre d’interlocuteurs à coordonner, ressources d’exécution disponibles — et non à partir d’un nombre standard. Vous pouvez voir comment ce modèle s’organise concrètement sur la page dédiée au directeur marketing externalisé.

Pourquoi il n’existe pas de fréquence universelle de jours par mois ?

Contrairement aux apparences, le « jours par mois » n’est pas une unité de mesure stable du métier. Les prestataires organisent leur présence de façon très différente : certains proposent des forfaits en jours, d’autres des engagements pensés par résultats — des sessions programmées (échanges réguliers de pilotage) complétées par un travail asynchrone entre ces échanges (révision de campagnes, feedbacks, direction stratégique) — sans minimum d’heures ni de jours fixé. Aucun de ces formats ne vaut pour tout le monde.

La raison est simple : ce qu’on achète n’est pas une quantité de temps, mais un volume de pilotage. Deux entreprises au même chiffre d’affaires peuvent avoir besoin de rythmes très différents selon la complexité de leur marché, le nombre de chantiers ouverts et l’équipe disponible. C’est pourquoi un nombre simple, sans préciser le périmètre qu’il couvre, ne veut pas dire grand-chose.

Quelles variables permettent de dimensionner le rythme ?

Le volume de présence se déduit de quelques variables concrètes. Les voici, pour tester votre situation :

  • Le volume de décisions à arbitrer. Chaque arbitrage (priorité, budget, arrêt ou lancement d’un chantier) doit être tranché par le directeur. Plus les décisions sont nombreuses et rapprochées, plus la présence doit être soutenue.
  • Le nombre d’interlocuteurs à mobiliser. Une équipe interne, des commerciaux, une agence, des freelances : chacun de ces relais exige des échanges et des validations. Multiplier les interlocuteurs augmente le temps de pilotage indispensable.
  • Les ressources d’exécution disponibles. Si une équipe ou des prestataires exécutent, le directeur peut travailler par séquences. À l’inverse, si la plus grande partie de l’exécution repose sur lui, le volume sera plus élevé.
  • La maturité et l’accès à l’information. Un accès préparé aux données, aux parties prenantes et aux outils rend le temps plus efficace ; des accès à construire allongent le volume nécessaire.
  • Le rythme des chantiers en cours. Un lancement, une refonte ou une digitalisation concentrent les décisions sur une période et demandent une intensité ponctuelle plus forte.

Ces variables expliquent pourquoi des mandats de tailles semblables ne se dimensionnent pas de la même manière. Il n’existe pas de seuil universel : c’est la combinaison des variables propres à l’entreprise qui dessine le besoin.

Immersion puis régime courant : deux rythmes à prévoir

Un piège courant est de dimensionner le rythme sur la seule durée d’un régime stable, en oubliant le démarrage. Un directeur externalisé doit d’abord comprendre votre marché, votre offre technique, vos données, vos processus et vos parties prenantes. Cette phase d’immersion mobilise plus de présence que la suite : il doit rencontrer les interlocuteurs clés, lire l’existant, poser le diagnostic et formaliser la feuille de route.

Aucun délai d’immersion standard n’existe : il dépend de la complexité de votre activité et de la qualité de l’accès accordé. Le plus important est de prévoir ce temps plus dense au début du mandat, plutôt que de caler dès le départ un rythme minimal qui le rendrait impossible. Une fois le diagnostic posé et les premiers rituels installés, le volume retombe généralement sur un régime courant, plus léger, où le directeur pilote, arbitre et ajuste plutôt qu’il ne découvre.

Ce qui se joue entre deux interventions : rituels et disponibilité asynchrone

Le volume de jours par mois ne dit pas tout : ce qui se passe entre deux interventions compte autant que le temps passé ensemble. Un vrai mandat à temps partagé repose sur des rituels réguliers (revue des priorités, suivi des indicateurs, points de décision) et sur une disponibilité asynchrone — le directeur travaille entre les échanges sur vos chantiers et répond aux questions qui structurent l’exécution.

C’est aussi là que se joue la légitimité du directeur externe. Pour piloter avec un volume limité, il lui faut l’autorité d’arbitrer et la capacité d’être entendu par les équipes et les prestataires : un accès direct aux décideurs, une définition claire de ses droits de décision et des rituels décidés à l’avance. Sans ces conditions, un volume de présence même correct devient insuffisant, car le directeur passe son temps à reconstituer l’information et à faire valider ses arbitrages.

Comment repérer un volume insuffisant ou excessif ?

Le bon volume se reconnaît par ses effets, pas par un barème. Voici des signaux à surveiller en cours de mandat :

Situation Intensité à examiner
Le directeur est toujours en rattrapage, découvre les sujets en réunion Volume probablement insuffisant : il lui faut plus de présence ou un meilleur accès à l’information
Les décisions attendent son passage pour être validées et bloquent les équipes Insuffisant : soit le rythme monte, soit les droits de décision sont élargis
Le suivi des indicateurs se dégrade entre deux échanges Insuffisant ou rituels trop espacés : reconsidérer la fréquence
Le directeur passe un temps important à des tâches d’exécution ou à répéter l’état des lieux Sur-dimensionnement d’usage : redistribuer l’exécution à l’équipe ou aux prestataires
Le volume ressemble à un temps plein sans en avoir la valeur, pour un besoin qui s’est réduit Sur-dimensionnement : le mandat doit être resserré ou réorienté

Ces signaux ne sont pas des seuils. Ils servent à ajuster le rythme progressivement : le volume initial est rarement définitif, il se révise avec la maturité du mandat, l’évolution des chantiers et la montée en autonomie des équipes.

Les questions à trancher avant le devis

Pour partir sur un rythme initial réaliste, répondez à cinq questions avant de demander une proposition :

  1. Combien de décisions marketing devront être arbitrées chaque mois, et par qui ?
  2. Combien d’équipes, commerciaux, agences ou freelances devront être coordonnés ?
  3. Qui exécute les actions : le directeur, une équipe interne, des prestataires ?
  4. Le besoin est-il continu, ou concentré sur une phase (lancement, refonte) ?
  5. L’accès à l’information et aux interlocuteurs sera-t-il prêt au démarrage, pour réduire l’immersion ?

Ces réponses donnent un périmètre, et c’est sur ce périmètre que le volume de présence devrait se négocier, plutôt que sur un chiffre flottant.

Application : un rythme adapté au périmètre

Dans l’accompagnement proposé par Ben Soltana, le rythme n’est pas un nombre de jours standard : il est défini selon le périmètre de la fonction confiée et formalisé dans un forfait mensuel, à partir de 1 600 € HT pour un périmètre ciblé, dans un pilotage continu sans durée fixe. La mission suppose du côté de l’entreprise un accès aux informations, la disponibilité des parties prenantes concernées et une capacité à activer les décisions qui en résultent. Cette application propre à l’offre illustre la démarche générale, sans en faire une règle valable pour tous les prestataires.

Ce qu’il faut retenir

  • Il n’existe pas de fréquence universelle de jours par mois : le volume se dimensionne sur le périmètre du mandat, pas sur un barème.
  • Les variables clés sont le volume de décisions, le nombre d’interlocuteurs, les ressources d’exécution, la maturité et l’accès à l’information.
  • Prévoyez une phase d’immersion plus dense que le régime courant, sans délai standard.
  • Les rituels et la disponibilité asynchrone conditionnent l’efficacité — et la légitimité — d’une présence à temps partagé.
  • Le bon volume se reconnaît par ses effets : ajustez-le progressivement selon les signaux de sous- ou sur-dimensionnement.
  • Renseignez votre cas avec un échange ciblé, ou repartez de la home.

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